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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 19:20

Il existe actuellement un test assez célèbre dans le domaine de l'IA appelé test de Turing, lequel tente de discerner les comportements intelligents de ceux qui ne le sont pas.

Imaginé en 1950 par Alan Turing, considéré aujourd'hui comme un piller majeur de l'IA, il répondit à l'attente des spécialistes de l'époque qui dès l'apparition de l'intelligence artificielle se sont demandés comment il serait possible, un jour, de déclarer avec certitude qu’un programme est intelligent.

Présentons ici la façon qui, selon lui, pourrait distinguer une machine intelligente d’une machine qui ne l’est pas :

 

Le fonctionnement de son test est assez simple. Il s'agit concrètement de confronter un homme à une machine par l'intermédiaire de terminaux « anonymes ». L'humain dans une pièce A doit poser des questions respectivement aux 2 autres individus isolés dans deux autres pièces B et C. L'un étant subtilement une machine (B) tandis que l'autre un humain (C). Les questions/réponses sont acheminées et une conversation s'établit au bout de laquelle, l'humain doit finalement déterminer avec certitude quelles réponses proviennent de la machine. S’il en est incapable, la machine a passé le test et peut être considérée comme intelligente.

Note : les questions/réponses sont formulées par écrit, l'imitation vocale de la part de la machine n'est pas nécessaire.

Note 2 : aujourd'hui encore aucun chatterbot (littéralement robot de discussion) n'a réussi à passer le test avec succès !


7 histoireIA 2

 

Le test de Turing : une personne doit déterminer lequel de ses deux interlocuteurs est la machine !

 

Ce test révèle néanmoins certaines faiblesses : peut-on évaluer l'intelligence seulement en jugeant la communication et la cohérence comportementale ?

 

Plus grave, le test est basé sur l'hypothèse que les êtres humains sont aptes à juger de l'intelligence d'une machine en comparant son comportement avec le comportement humain alors que certains comportements intelligents ne sont pas humains ! En effet, si la machine est plus intelligente qu'un être humain, il lui faudra alors, pour passer le test, délibérément éviter de paraître trop intelligente car si elle était capable de résoudre un problème de calcul qui serait impossible pour un humain, l’examinateur saurait que le programme n'est pas humain et la machine ne satisferait pas au test.

 

Le test de Turing ne vérifie pas la présence, ou l'absence, d'un comportement intelligent, tel que la capacité de résoudre des problèmes difficiles ou de trouver des idées originales. En fait, le programme communiquant pourrait donner des réponses en apparences intelligentes sans toutefois comprendre ses propres réponses.

 

Pour ces raisons et d'autres considérations, certains chercheurs en intelligence artificielle ont mis en doute l'utilité de l'essai. Selon eux, la machine doit non seulement donner des bonnes réponses mais comprendre ce qu’elle répond. Ce qui présente un défi encore plus important pour les chercheurs en intelligence artificielle.

La limite entre un programme conventionnel et un programme intelligent reste donc difficile à déterminer. Il est possible que cette question relève d’avantage de la philosophie que de la science.

 


7 histoireIA 3

 

Et en inédit, pour vous, voici le déroulement d'un véritable test de Turing :

Personnellement je me serais laissé piéger... si je n'avais pas vu la réponse avant de voire le teste... Hum, çà donne à réfléchir.

Source : http://www.conishiwa.org/zones/projets/ia/turing.htm

 

« 

Certaines machines passant le teste "mentent" avec naturel lorsqu'on leur pose des questions concernant leur apparence physique, d'autres parviennent à "faire semblant" de se tromper si on leur soumet un calcul un peu complexe, ou mieux, elles sèment le doute, notamment en prolongeant "artificiellement" leur temps de recherche.

Voici, un exemple de test de Turing. Après l'avoir lu, essayez de répondre si c'est un être humain ou une I.A 

 

Test : A qui avez-vous affaire ?

Le dialogue suivant est la retranscription d'un véritable test de Turing. Essayez de deviner si "l'entité" est un être humain ou une machine.



Examinateur
Aimez-vous le printemps ?
Entité
Ca dépend de mon humeur.
Examinateur
Combien font 11 et 11 ?
Entité
22
Examinateur
Et 512+512?
Entité
Je n'ai jamais été doué en calcul mental.
Examinateur
Ce n'est pas grave, essayez.
Entité
Voyons, 1000 quelque chose. 1024 je pense.
Examinateur
Récitez-moi un poème.
Entité
La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse. Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse...

Examinateur
Pourquoi ne remplacez-vous pas "au grand coeur" par "au grand air" ? A mon avis ce serait plus joli.
Entité
Je l'aime mieux tel quel.
Examinateur
Pourquoi?
Entité
Vous n'êtes pas sérieux. "Au grand air" et "au grand coeur" ce n'est pas pareil.
Examinateur
Alors remplacez "Et qui dort son sommeil" par "qui tristement sommeille".
Entité
Vraiment, je l'aime mieux tel quel.
Examinateur
Pourquoi ?
Entité
Le rythme du poème est meilleur.
Examinateur
Ce n'est pas mon avis
Entité
Vous aimez Baudelaire?
Examinateur
Oui

Entité
Moi aussi.
Examinateur
Pourquoi
Entité
Je trouve qu'il exprime des sentiments profonds qui correspondent souvent à ce que je peux éprouver. Et puis peut-être aussi que ça me rappelle la période où je l'ai lu pour la première fois quand j'étais ado.
Examinateur
Vous aimez l'art?
Entité
Oui
Examinateur
Vous peignez ?
Entité
Comme un pied. Je suis plus attiré par la musique.
Examinateur
Vous jouez d'un instrument?
Entité
Oui, du piano
Examinateur

Jouez-nous un morceau.
Entité
Je n'ai pas d'instrument.

 

 

»

Alors, est-ce que cette entité est une intelligence artificielle ?


Je vous laisse relire encore une fois... Avant de vous donner la réponse :

(Si vous vouliez un indice, j'ai dit plus haut que : « aujourd'hui encore aucun chatterbot (littéralement robot de discussion) n'a réussi à passer le teste avec succès ! »...)

 

Dur-dur, ses réponses sont vraiment subtiles... Toutefois, l'examinateur qui a trouvé la bonne réponse a donné la justification suivante :

« L'entité ne fait jamais appel à une espèce de 'bon sens' ni à la vie quotidienne.

Les réponses qu'elle donne ne nécessitent pas une vraie compréhension des questions. Elle repère les questions (elles se terminent par un point d'interrogation ) et les ordres (le mode impératif).

Enfin, dans l'interrogation sur le poème, elle refuse les substitutions proposées par l'examinateur avec des réponses passe-partout qui ne supposent pas une vraie compréhension du sens. »

 

L'entité était donc bien une machine, bluffant n'est-ce-pas ?

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 19:14

Afin de comprendre les objectifs de l'IA et ses performances aux fils des époques, il est nécessaire d'en dresser l'évolution.

Le chapitre sur l'évolution des capacités matérielles de l'époque était capitale afin de pouvoir bien replacer les origines de l'IA dans le contexte technique et matériel de l’époque. Il est important de se rendre conte que les ressources n'étaient pas les même qu'aujourd'hui et que bien souvent les avancés dans le domaines de l'IA sont dictés par celles d'autres domaines...

 

Durant la seconde guerre mondiale, d'énorme progrès ont été faits en cryptographie et en décryptage. Les efforts pour surprendre les transmissions ennemies ont amené à utiliser de plus en plus de machines et à en concevoir de toujours plus puissantes afin de constamment mieux déchiffrer... ; sans le savoir, les savants de l'époque construisaient les premiers ordinateurs.

7 histoireIA 1Une machine à décrypter de la 2e guerre mondiale


Un peu plus tard, on se rendit compte de l’immense potentiel des ordinateurs, qui n'étaient jusqu’alors que d’énormes machines à calculer, dépourvue d’interactivité.

Au même moment, certains commencèrent à se pencher sur une idée bien spéciale : insuffler un souffle de vie à un ordinateur. Une nouvelle discipline allait émerger : l’intelligence artificielle !

Officiellement, l'intelligence artificielle a vu le jour à l'occasion des conférences de Dartmouth durant l'été 1956, réunissant des scientifiques de haut niveau, dont McCarthy, Minsky, Shannon, Newell et Simon qui se proposaient de réaliser des programmes d'ordinateur doués d'intelligence. A cette occasion l'expression « Intelligence Artificiel » fut choisie par John McCarthy, qui introduit également en 1958 le langage LISP.

 

Quelque temps auparavant, en 1950 : le mathématicien britannique Alan Turing publie, dans le journal philosophique Mind, un article intitulé Computing Machinery and Intelligence. Dans cet article, il décrit un test (Test de Turing). Ce test consiste à faire communiquer un individu avec un interlocuteur invisible à travers un terminal d'ordinateur. L'individu doit alors deviner si son interlocuteur est un être humain ou un système imitant la forme d'intelligence d'un être humain. Le but du test est de déterminer si le système d'IA est intelligent. Considéré par beaucoup comme l'un des fondateurs de l'informatique, Turing est également un des précurseurs de l'IA . Le teste sera analysé plus en profondeur dans une partie suivante.

 

Les premiers chercheurs en intelligence artificielle commencèrent par limiter leurs recherches à des domaines précis, le tout par essais et erreurs. En résumé, ils voulaient délimiter, à l’époque, ce qui était possible de ce qui ne l’était pas. De nombreux programmes expérimentaux ont vu le jour. On cite entre autres « Logic Theorist » de Hebert Simon et Allen Newell, qui pouvait démontrer des théorèmes mathématiques. Ensuite, ils se penchèrent sur une partie fondamentale de l’intelligence : l’apprentissage. Leurs recherches se soldèrent par des programmes pouvant jouer au échecs ou aux dames et des programmes pouvant reconnaître des formes.

 

 

Appartenant aux dates importantes, on notera en 1959 l'élaboration du GPS (General Problem Solver), dans le but de construire un résolveur de problème universel. N'importe quel problème formalisé pourait en principe être résolu par GPS, par exemple des preuves de théorèmes, des problèmes géométriques et des parties d'échecs...

L'échec du GPS, abandonné en 1967, marquera le début d'une période où l'IA perdra de sa gloire, il y sera particulièrement dénoncer les sommes importantes dépensées par le gouvernement US pour le développement de l'IA. Les premiers succès auront vite montré leurs limites, et beaucoup de biologistes et d'informaticiens jugeront les objectifs premiers de l'IA trop optimistes.

Durant les années 70, de nombreuses nouvelles méthodes de développement de l'IA sont testées. En 1971, le langage PROLOG est crée par Colmerauer, comme Lisp, celui-ci est portée sur l'intelligence artificielle.

1974 verra l'avènement des premiers systèmes experts , dont le plus célèbre MYCIN (Edward H. Shortliffe), conçu pour l'aide au diagnostic et au traitement de maladies bactériennes du sang. En 1979, Mycin sera considéré par le "Journal of American Medical Assoc" comme aussi bon que les experts médicaux.

La même année, le premier robot piloté par ordinateur est conçu.

On notera également dans les années 70, l'abandon des subventions versées par les gouvernements (US pour la plupart) pour quelques programmes de recherche en IA.

 

 

Avec l'efficacité prouvée des systèmes experts, les ventes de matériels IA (hardware ou logiciel) grimpent en flèche. L'IA commence à intéresser les grandes firmes (Boeing, General Motors, etc).

De nouvelles branches de l'IA font leur percée sur le marché, notamment celui de la vision par ordinateur. Ces travaux visent à relier l'ordinateur avec le monde qui l'entoure, tout particulièrement avec l'utilisation d'une caméra coordonnée à l'ordinateur et l'emploie de la reconnaissance de formes mais aussi de la reconnaissance vocale... Ces procédés simulent une interaction avec l’environnement, un projet récent très réussi, utilisant cette technologie est le projet natale surnommé par la suite Kinect. C'est un équipement ajouté à la console Xbox 360 de Microsoft permettant de jouer avec son corps, c'est à dire sans manette, rien que par reconnaissance de mouvement de la machine. Une vidéo est disponible dans les liens du menu.

 

L’intelligence artificielle, marqué par le démarrage de la discipline, a connu un essor important pendant les années 1960, avec des résultats significatifs. Durant les années 70 se posent les bases en ce qui concerne la représentation de la connaissance, le raisonnement et la robotique, les attentes restent grandes, supportée par l'optimisme exagéré des chercheurs. Les années 80 sont marquées par l'arrivée de l'intelligence artificielle dans la vie économique, mais à la suite de résultats décevants par rapport aux capitaux investis dans le domaine, son succès s’estompa dès le milieu des années 1980, s'accompagnant d'une désillusion de la part de la population face aux réalisations pratiques de l'IA qui furent en deçà des espérances...

 


Au début des années 90, les progrès ont repris sur le mode exponentiel avec la généralisation des ordinateurs de bureau, des réseaux de télécommunications et des matériels incorporant de plus en plus de solutions IA liées à des besoins. De nouvelles techniques de programmation ont évolué ou se sont développées grâce à l'intelligence artificielle. Le but étant de simuler l'intelligence, certains programmes s'inspirent par exemple du fonctionnement des neurones dans le cerveau humain.


De nos jours, l'intelligence artificielle est en pleine expansion et a pris une place importante dans la culture populaire, notamment à travers les œuvres de science-fiction.

Les sous disciplines de l’intelligence artificielle se multiplient et celle-ci devient de plus en plus spécialisée. Plusieurs approches sont utilisées pour construire des machines intelligentes et les objectifs se font plus spécifiques, la plupart du temps. Toutefois, bien que nous ayons plusieurs robots répondant aux critères de l’intelligence artificielle faible : joueur de flûte, serveuse, ..., aucun n'a su se montrer à la hauteur d’un être humain et correspondre au rêve des scientifiques et des romanciers : une intelligence autonome, intuitive et adaptée à toutes les situations ; que nous ne vivons pour le moment que dans la fiction.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 18:56

Comme exemple pratique, voici un article consacré tout spécialement à l'histoire de la robotique, domaine ou l'intelligence artificielle a eu ses prémisses.

Nous avons ensuite choisi de présenter le robot Puma de General Motors, l'un des tout premier de l'histoire industrielle ! Son fonctionnement vous sera décortiqué afin de clore par un exemple pratique cette première partie (cette partie est donc une vision technique de l'intelligence artificielle : comment autrement que par un terminal, un robot peut-il interagir avec son environnement).


Pour ceux que ça intéresseraient, voici la principale différence entre un automate et unrobot:

Un automate est une machine programmée pour effectuer une tâche précise dans un environnement donné :
- métier à tisser
- imprimante
Un
robot est un automate doté de capteurs et d'actionneurs lui donnant une capacité d'adaptation et de déplacement proche de l'autonomie.
- robot aspirateur
- avion ou hélicoptère drone de reconnaissance ou de combat

 

 

 

Dans les années 40, l’ère des ordinateurs modernes commença avec les grands développements dès la Seconde Guerre Mondiale. Les circuits électroniques, tubes à vide,condensateurs et relais remplacèrent leurs équivalents mécaniques et le calcul numérique remplaça le calcul analogique. Les ordinateurs conçus à cette époque forment la première génération d’ordinateurs.

 

 

En 1947 suite aux travaux sur les semi-conducteurs, le transistor a été inventé par les Américains John Bardeen, William Sholckley et Walter Brattain, des chercheurs de la compagnie Bell Téléphone. Le transistor est un composant électronique utilisé principalement comme interrupteur et pour l’amplification mais aussi pour stabiliser une tension, moduler un signal ainsi que de nombreuses autres utilisations.

C’est suite aux développements de l’ordinateur, permettant de pouvoir utiliser des langages informatiques et aussi grâce à l’invention du transistor durant les années 40 que Georges DEVOL a pu réaliser son brevet sur la robotique en 1954.

 

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Ce brevet est très important dans le monde de la robotique car il symbolise un des aboutissements majeur dans ce domaine. C'est à cette date précise que la robotique a vu le jour.

Dans ce brevet Devol a conçu un robot qu’il a intitulé Unimate, dès lors il chercha une compagnie qui pourrait lui financer les développements de ses systèmes. Mis en relation avec Joseph Engelberger, ce dernier était très intéressé par le brevet de Devol et en 1961 Devol accepta de lui vendre sa compagnie UNIMATION ainsi que son brevet plus quelques futurs brevets du même domaine.

Devol et Engelberger se sont associés et c’est dans la même année que le premier Unimate fut utilisé dans les usines de GENERAL MOTORS.

 

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General Motors est une entreprise multinationale américaine de construction automobile, basée aux Etats Unis à Détroit dans le Michigan. Elle fut fondée par William Crapo Durant, le petit fils du gouverneur du Michigan de l’époque, le 16 septembre 1908.

 

 

En 1961 le premier robot de l’entreprise Unimation : Unimate fut embarqué de Danbury dans le Connecticut, puis mis en application dans une des usines de General Motors se situant à Parkway Avenue dans la banlieue de Trenton. Ce robot grâce à son bras articulé de 1,5 tonnes était capable de manipuler des pièces de fonderie pesant 150 kg.

 

En 1966 Unimation continue de développer des robots et élaborent notamment des robots permettant de faire d’autres tâches, comme des robots de manipulation matérielle ou encore des robots conçus pour la soudure ou pour d’autres applications de ce genre.

 

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La robotique eu un grand succès au niveau industriel, son taux de production était tellement élevé qu’il apportait des bénéfices incroyables. En 1978 un nouveau robot est conçu par Unimation Inc avec la précieuse aide de General Motors. Ensemble ils conçurent le robot PUMA 500. Le robot PUMA (Programmable Universal Machine for Assembly) a été conçu par Vic Schienman et fut financé par General Motors et par The Massachussets Institute of Technology au milieu des années 70. Le robot est muni d’un bras manipulateur permettant d’assembler des composants industriels. Les robots PUMA vont être les robots les plus répandus dans les universités et vont être les robots d’assemblage les plus utilisés dans l’industrie.

GENERAL MOTORS eu une grande influence sur ses concurrents car quelques années plus tard les autres industries d’autres pays vont copier cette idée et vont même jusqu'à créer une association de la robotique au niveau national. C’est le cas du japon qui eu son association de la robotique industrielle (JIRA) en 1971, tandis que les Etat-Unis fondent leur association de la robotique industrielle en 1975.

En 1973, on pouvait recenser 71 entreprises qui développaient des robots. En 1974, Joe Engelberger avait fait des prévisions indiquant que l'industrie de la robotique représenterait pour 1990 un chiffre d'affaire annuelle de 3 milliards de dollars. Sa prévision était correcte, l'industrie valait effectivement 3 milliards de dollars en 1990, mais il n'avait pas prévu qu'elle serait contrôlée à 70 % par le Japon.

 

Le Robot PUMA

Le robot PUMA est un robot conçu par l’entreprise UNIMATION et par General Motors. Ce robot est un robot d’assemblage et c’est le robot d’assemblage le plus rependu dans l’industrie des années 70.

Le système de ce robot est composé de deux parties différentes :

  • Le robot ou bras manipulateur

  • Et son ordinateur de commande

Le bras manipulateur

puma4Le bras manipulateur est le composant mécanique du système et comporte 6 axes de rotation, chacun de ces axes sont contrôlés par un servomoteur a courant continu.

Un servomoteur est un système motorisé capable d’atteindre des positions prédéterminée puis de les maintenir. Dans le cas du robot PUMA, il est capable d’atteindre des positions d’angles.

Toutes les parties du bras manipulateur sont connectées entre eux grâce à des articulations.

Le robot possède aussi des réducteurs permettant de contrôler le rapport de vitesse et le couple entre l’axe d’entrée et l’axe de sortie du mécanisme.

 

La rotation des articulations du bras manipulateur est effectuée grâce à l’action du servomoteur à courant continu et à l’aimant permanent, par l’intermédiaire d’un réducteur. Chaque moteur du bras articulé est associé à un codeur incrémental et à un potentiomètre.

Le codeur incrémental est un type de codeur rotatif qui permet de donner des informations précises sur le déplacement du bras articulé, grâce à un système de traitement. Et le potentiomètre est un type de résistance variable dont la valeur peut varier.

Le bon fonctionnement du bras articulé nécessite un contrôle de la position et de la vitesse de rotation de chaque articulation du robot.

Les changements de position de chaque membres articulés sont fournis grâce aux codeurs, alors que l’information de la vitesse de rotation est calculée par l’ordinateur du robot.

 

Les servomoteurs des trois axes principaux (axe 1, 2 et 3) sont équipés de freins électromagnétiques. Ces freins sont activés lorsque l’alimentation des ces moteurs est coupée, et maintiennent le bras articulé en position fixe. Ceci est une sécurité destinée à éviter les risques de blessures ou de casse sur le robot lorsque l’alimentation est coupée accidentellement (coupure de courant …)

 

L’ordinateur de contrôle

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Le contrôleur est le composant électrique du système. Toutes les informations venant et allant vers les différents actionneurs du robot sont traitées par le contrôleur qui calcule en temps réel les ordres de commande. Les commandes manuelles donc tout ce qui est boutons et voyants sont situées sur la face avant du contrôleur. Et sur la face arrière du contrôleur on peut trouver les connections pour le bras manipulateur, le terminal (clavier + écran) et le lecteur de disquettes.

Le logiciel de programmation est enregistré dans la mémoire centrale de l’ordinateur. Ce logiciel permet d’interpréter les instructions de commande et le contrôleur transmet ces instructions de la mémoire centrale vers les différents actionneurs du robot. Grâce aux codeurs incrémentaux et aux potentiomètres, le contrôleur reçoit des informations de position pour chacun des axes. Ceci permet un control en boucle fermée des mouvements du robot. Et il y’a un lecteur de disquettes pour les enregistrements des programmes.

 

L’ordinateur de contrôle est équipé d’une télécommande qui peut être utilisée pour positionner manuellement le robot, en contrôlant directement les articulations.

Plusieurs modes de contrôle sont disponibles depuis la télécommande :

 

- On peut effectuer des positions spécifiques du bras manipulateur enregistrées dans la mémoire centrale par l’intermédiaire d’un appui sur le bouton « RECORD » de la télécommande.

- Ou alors contrôler manuellement le robot grâce à la télécommande.

Dans les deux modes de contrôle, deux systèmes d’axes peuvent être choisis :

  • Le système d’axe central ou World Mode (les trois axes de ce repère sont représentés sur la figure ci-dessous)

puma6World Mode

 

  • Le système d’axe outil ou Tool Mode

Les axes de référence pour ce mode sont alignés avec le plan de montage de l'outil, avec leurs origines au centre de la semelle de montage de l'outil.
Les trois axes de ce repère sont représentés sur la figure suivante :

puma7

Tool Mode

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 18:48

 

L'idée d'insuffler la vie à une machine et lui permettre notamment de penser par elle même, ne date pas d'hier. L'idée est en effet intimement liée à l'apparition des premiers ordinateurs vers 1943. Ceux-ci permettant une nouvelle puissance de calcul mais aussi l'amélioration des façons de calculer de l'époque (gains de temps, moins d’erreurs ...).

 

Les premières machines à calculer :

 

A l'origine, le boulier inventé vers l'an 700 constitue la première façon de calculer intelligemment.

Plus proche de notre époque, vint le logarithme que l'on attribue généralement à l'écossais John NEPER. En effet c'est en 1614 que celui-ci démontra que la multiplication et la division pouvaient se ramener à une série d'additions. Ceci permit dès 1620 l'utilisation de la règle à calcul.

Pour autant le vrai père de cette théorie est un savant arabe (pour vous éviter son nom : « Mohamed Ybn Moussa Al-KHAWAREZMI » ) également à l'origine de l'Algèbre, activité ayant dès lors permis de résoudre des systèmes complexes basés sur la recherche d'une variable inconnue X afin d'équilibrer les calculs.

 

Puis historiquement :

Ce n'est qu'en 1642 que fut créé par Blaise Pascal la première machine à calculer dite machine d'arithmétique, baptisée par son créateur : la Pascaline.

Pascaline

Cette machine(que vous pouvez voire sur l'image ci dessu), fruit d'un assemblage d'engrenage, était capable d'effectuer des additions et des soustractions, et destinée à l'origine à aider le père du jeune créateur, un percepteur de taxes...
Ce fut le premier pas dans la réalisation d'une IA. Une machine était capable de faire ce que seul un homme pouvait alors effectuer.
Leibnitz proposa en 1673 une amélioration de la Pascaline en lui dotant de deux nouvelles fonctions : la multiplication et la division.

 

cannard

En 1738, Jacques de Vaucanson apporta une première avancée notable dans la conception d'automates. C’est son célèbre canard qui avait l'étonnante capacité de bouger, cancaner, barboter, boire et digérer comme un véritable canard ; le tout programmable grâce à un mécanisme interne de pignons.

 


Enfin 1834 constitue un tournant majeur : Charles Babbage apprend qu'une machine à tisser est programmée à l'aide de cartes perforées. Il se lance donc dans la construction d'une machine à calculer exploitant cette idée révolutionnaire.

 

Les premières vagues d'ordinateurs :

 

C'est en 1820 qu'apparaissaient les premiers calculateurs mécaniques. Ceux-ci possédaient alors quatre fonctions de base : l'addition, la soustraction, la multiplication et la division.  

Conformément à l'idée de Charles Babbage (cf. plus haut) le premier ordinateur programmable qui suivi fonctionnait en batch. C'est à dire avec des cartes perforées. On apportait son lot (batch) de cartes perforées contenant le programme puis un opérateur insérait les lots de cartes en attente dans l'ordinateur qui alors faisait tourner le programme et donnait le résultat le plus souvent sur une imprimante. L'utilisateur ne récupérait généralement le résultat que le lendemain, le temps que son lot de cartes passe dans l'ordinateur.

Ces cartes perforées sont fréquemment considérées, et à juste titre, comme les prémisses de la programmation par ordinateur. Leur fonctionnement, des plus rudimentaires, n’empêchait pas d'être fonctionnel. Une série de cartes, attachée les unes aux autres formant une bande de plusieurs mètres, était préalablement trouées à des emplacements stratégiques. Ces trous constituaient, une fois rentrés dans l'ordinateur une suite logique d'instructions à interpréter et composaient le programme dans son intégralité. Ces trous était un langage à part entière compris par l'ordinateur.

 

La suite est bien connue du grand public. Nous sommes passé, en un demi-siècle, des ordinateurs encombrants de la taille d'un amphithéâtre, à des ordinateurs «personnels»  accessibles aux particuliers et qui aujourd'hui d’ailleurs équipent la plupart des familles :

 

Maintenant que l'électronique a fait des progrès suffisants et que les premiers calculateurs ont fait leurs preuves, les ordinateurs vont pouvoir apparaître en masse, nés du besoin de réaliser des opérations de plus en plus complexes.

 

eniac

 

En 1943, le premier ordinateur ne comportant plus aucune pièce mécanique est créé par P. Eckert et J. Mauchly : l'ENIAC (Electronic Numerical Integrator And Computer). Il est composé de 18000 lampes à vide, occupe une place de 1500 m² et pèse plus de 30 tonnes. Sa vitesse de calcul : environ 330 multiplications par seconde et fut utilisé pour mettre au point la bombe H.
Son principal inconvénient était sa programmation : l'ENIAC était en effet uniquement programmable manuellement avec des commutateurs ou en recablant entre eux ses différents éléments.

Anecdote : La première erreur informatique est due à un insecte qui, attiré par la chaleur, était venu se loger dans les lampes et avait créé un court-circuit. Ainsi le terme anglais pour « insecte » étant « bug », le nom est resté pour désigner une erreur informatique. Le terme bug a été francisé par la suite en bogue.

 

Le transistor

En 1948, le transistor est créé dans les laboratoires de la firme Bell Labs (grâce aux ingénieurs John Bardeen, Walter Brattain et William Shockley). Il permet dans les années 50 de rendre les ordinateurs moins encombrants, moins gourmands en énergie électrique et donc moins coûteux. C'est la révolution dans l'histoire de l'ordinateur qui vaudra l'apparition des micro-ordinateurs apparue dès 1971 dont les fameux ordinateurs personnels accessibles à la population car plus petits que leurs ancêtres. (Il se trouve que mon père a eu son premier ordinateur personnel, l'un des premier, en 1981 : un Commodore fourni avec un programme d’échec. Une chose encore assez rare à l'époque, du moins dans les ménages français.)

 

 

  deepBlue

Deep Blue d'IBM est le premier ordinateur à battre un champion du monde d'échecs en titre (Garry Kasparov) en 1990.

Toutefois Deep Blue reste un simple calculateur évaluant 200 millions de positions à la seconde, sans conscience du jeu lui-même et faisant donc appel à la puissance de calcul plus que de l'intelligence artificielle à proprement parler.

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